Valaisan de coeur, le chirurgien du genou opère un retour aux sources

Ayant passé toutes les vacances de sa jeunesse à La Rosière, c’est tout naturellement que le « spécialiste du genou » le plus connu de Suisse a décidé de se rapprocher du coin de paradis de son enfance. L’heure de la retraite qui sonnera dans deux ans, Olivier Siegrist a en effet cessé son activité de chirurgien orthopédiste à Genève pour entamer cet automne un nouveau mandat à plein temps à l’Hôpital du Valais sur le site de Martigny. Un réel bonheur pour cet amoureux de la beauté et du mode de vie de l’Entremont, qui va ainsi « boucler la boucle » : pour accueillir ses vieux jours, il a racheté une maison à Chandonne qu’il a magnifiquement retapée et dont il nous a ouvert les portes. 

Ses souvenirs de vacances à la Rosière fleurent bon cette saine nostalgie qui donne de l’élan au cœur et au verbe : dans un français châtié, parfois taquin mais toujours saupoudré de l’accent genevois, – canton dans lequel il a grandi et dont il garde le sympathique caractère de « râleur invétéré » – , Olivier Siegrist conte avec délectation les épisodes pittoresques, parfois rocambolesques, vécus avec les enfants du petit hameau de la commune d’Orsières. Celui qui nourrissait un penchant pour la fainéantise scolaire, démentie plus tard par une carrière de spécialiste du genou que tout le monde connaît, allait passer tous ses étés à la Rosière, grâce à l’amour que vouaient ses parents pour ce petit coin de paradis. Entre les odeurs de foin, de bétail et de canailleries enfantines, puis celles plus aseptisées d’études de médecine, nous parcourons agréablement le temps ouvrant la porte de l’imaginaire aussi sur une retraite qu’il s’est choisie à Chandonne… et un petit peu à Bagnes aussi avec sa compagne châbleraine.

Bientôt à Martigny

Spécialisé dans les opérations du genou, Olivier Siegrist eut au bout de son scalpel les articulations tant du sportif amateur que celles de grands champions, notamment dans le monde du ski. Il oeuvra en effet en tant que chirurgien attitré de l’équipe nationale de ski pendant 27 saisons : «  Trois semaines par hiver j’accompagnais les coureurs sur la Coupe du Monde. Cela m’a donné accès au sport d’élite et m’a rapproché encore plus de la montagne et du Valais ». Une expérience enrichissante qui lui permit de travailler dans le monde du sport de haut niveau, « un domaine auquel je n’aurais pas eu accès sans mon métier. » Sa carrière professionnelle touchant à sa fin et désireux de se rapprocher du Valais, il a depuis cet automne l’opportunité de travailler à temps plein pour l’Hôpital du Valais, sur le site de Martigny. 

” Je vois d’un bon oeil ma retraite en Entremont: je ferai de la peau de phoque, j’irai à la chasse, je profiterai à fond de la vie.”

Olivier Siegrist

Fan de l’accent entremontant

Evoquant la douce “guéguerre” que se livrent Orserains et Bagnards depuis toujours, Olivier imite l’accent des gens du coin avec humour ; les pointes folkloriques que se lancent mutuellement les habitants des deux côtés des montagnes qu’ils se partagent sont si ancrées dans les mœurs qu’elles font office de tradition. Il est d’usage de se chambrer, ce qui a l’heur de faire sourire Olivier, qui lui ne prend pas parti : «  Je ne suis pas raciste » rigole-t-il, «  ils sont étrangers les uns pour les autres, et je suis moi-même un étranger comme ils disent ! » Avec une compagne bagnarde et une maison à Chandonne, Olivier met un pied dans chaque vallée, qu’il promène sur les sentiers : « J’ai toujours aimé le sport, me balader en montagne. Mon amie a exacerbé cette passion chez moi. D’ailleurs, le mot d’ordre stipule que tous les jours de congé nous fassions du sport, excepté en cas de mauvais temps. » Fan absolu des expressions chantantes et alambiquées des gens de l’endroit, féru de chasse qu’il pratique avec une équipe du Haut Val de Bagnes qui l’a bien accepté, adepte de la randonnée sur les sentiers de nos sommets, épris des granges, vieilles maisons et trésors architecturaux de nos ancêtres, le Genevois aux multiples centres d’intérêt est avant tout valaisan de cœur. Nul doute que la retraite d’Olivier à Chandonne aura la douce saveur de l’enfance, à laquelle il ajoutera le riche parfum des années écoulées…

Romy Moret

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