Pierre-Maurice Michellod : le Papou de Médières conte son âme de chercheur

Non, nous ne jetterons pas la première pierre à Pierre-Maurice Michellod ( ici présentant une pyrite trouvée à Verbier sous l’ancien restaurant Le Verluisant) lui qui les aime si passionnément et dont le premier prénom le prédestinait, allez savoir, à se vouer corps et âme à ses pépites. Tous les cailloux du monde forment le ciment de son cœur au côté des voyages et expéditions qui habitent tout entier ce personnage hors-norme : hors-norme dans sa soif de découvertes, hors-norme dans la qualité de son observation fine et patiente, hors-norme par cette quête d’idéalisme aux trousses duquel seules les âmes profondément sensibles se lancent.

Bagnard pur roc, celui que l’on nomme « papou » en référence à ses nombreuses expéditions en Papouasie auprès de peuplades jusqu’alors non approchées a traversé sa vie au flux d’un rythme incessant de rencontres géographiques, géologiques, minérales, culturelles, humaines. La richesse du parcours foisonnant que traduisent les innombrables trouvailles collectées chez lui à Médières réside sans aucun doute dans l’exclusivité de ses découvertes telles que la verbiérite en première mondiale, mais avant tout dans son désir de côtoyer l’essence même de la nature dans laquelle nous vivons, de toucher au plus près de la vérité. Dans sa perfection immuable. Tout simplement.

“Papou” ou “Pépé Biscotte”

Si nous avons certes rencontré chez lui à Médières le Papou le plus fameux du Val de Bagnes ou « Pépé Biscotte » pour les plus intimes, nous avons jugé qu’un proche également passionné de minéraux serait plus à même de nous parler de cet aventurier au cœur aussi sensible que téméraire. Samuel Filliez nous conte sa rencontre avec son ami Pierrot :  

Cette petite histoire commence réellement il y a 2 ans de cela, par ma visite chez un troisième minéralogiste bagnard. En découvrant de belles pyrites de Verbier dans ses anciennes récoltes, ma curiosité pour ces trésors locaux a été rapidement éveillée ! Comme il tenait à faire de la place dans ses sous-sols, je lui ai acheté quelques échantillons. Il m’a alors dit que si je voulais plus d’informations concernant cette zone il fallait contacter Pierre-Maurice ou mon papa, qui allaient, comme lui, fouiller dans le coin à la même période. C’est sur ces entrefaites que je me suis mis en quête des réminiscences paternelles et « pierremauriciennes » (il mérite bien qu’on lui dédie ce nouveau mot). Voici donc ce que j’en ai appris…

Pyrite du Verluisant, Verbier.

Les deux amis se connaissent depuis le milieu des années ’70, période où ils travaillaient ensemble comme cuisiniers dans l’ancien hôtel-restaurant « Le VerLuisant » à Verbier. Aux heures de pauses et les week-ends, ils se sont passablement promenés dans les environs avec leurs yeux de minéralogistes passionnés. Pierrot avait déjà trouvé de belles plaques de gypse aux alentours des « Creux » lorsqu’en 2003 de gros carottages ont lieu pour la construction de chalets, dans ce même quartier. Je me régale de recueillir les explications de leurs fouilles, qui me semblent toutes récentes à les écouter. 

En 2004, le gros du chantier battait son plein et le suivi nocturne se faisait assidu mais discret. Après le départ du machiniste, nos hommes debout même la nuit finissaient plutôt « de boue » au retour au bercail. Les soirs pluvieux enduisaient leurs habits d’une rouille tenace ; après des heures de prospection entre murs de soutènements et tranchées, dans ces contrées aux terres ocres et ferrugineuses !

Ayant depuis attrapé le même dangereux virus, je ne peux que saluer leur passion, leur fougue et leur précieux travail de collecte. Tout est à présent bétonné, emmuré, voir revégétalisé et tous les filons de pyrite et autres cristaux de gypse sont soit broyés soit ensevelis à jamais.

A l’époque adolescent, j’ai eu la chance de partager de folles épopées avec ces deux compères, alors au paroxysme de leurs brillants délires communs et j’en garde de précieux souvenirs. Je leur dois sans nul doute une partie de ma passion actuelle pour les minéraux. Avec eux, rien n’a jamais vraiment semblé prévu mais du coup tout est toujours devenu possible. J’entends encore Pierrot maugréer en cheminant sur des centaines de mètres de dénivelé dans le Binntal avant de sortir le 6-pack de bière, le kilo de pain frais et la demi-pièce de fromage pour nourrir comme il se doit ses potes d’aventure. Et bien d’autres anecdotes qu’il serait trop long de mentionner ici !

Pour finir cette petite dédicace au « Papou de Médières », précisons aussi qu’au début septembre 2006, une première mondiale est découverte lors d’analyses réalisées sur des échantillons locaux. Un minéral jusqu’alors inconnu est décelé. Après des années d’analyses, la validation de la « Verbiérite » est officialisée et représente un épilogue des plus joyeux à leurs nombreuses heures de recherches en terres bagnardes.”

Ecoute le podcast de l’entretien avec Pierrot 👇🏻

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