Loïc Cappellin: l’apprenti aventurier de Martigny fait le tour du monde

Depuis qu’il a pris la décision de faire de chaque jour de sa vie une aventure en soi, le Martignerain de 23 ans Loïc Cappellin s’est mis en marche : suite au Fugazi Journey, une traversée des Alpes en solitaire, il a démarré depuis l’été 2020 un nouvel objectif avec Zao, une suite d’expéditions englobant des régions majeures, qui prendra des allures de tour du monde en étapes réparties sur 7 ans, sans moyens motorisés. Avec comme objectif entre autres de transmettre son expérience dans les écoles.

Ça tourne rond chez Loïc : avec le projet Zao, le jeune Martignerain se lance en effet corps et âme dans la réalisation d’un tour du monde qu’il envisage comme un chemin initiatique : « Suite à une formation professionnelle qui ne m’avait pas permis de m’accomplir, je me suis challengé à 21 ans avec la traversée de la Nouvelle Zélande dans l’optique de découvrir quelles étaient mes réelles aspirations. » Ce questionnement existentiel donnera naissance au projet Zao, un objectif taillé sur mesure : « A ma mesure. Chaque personne voit et vit la réalité à sa manière. Je ne suis pas le premier à me lancer sur des expéditions. L’important ne réside pas dans les milliers de pas supplémentaires que j’apporterai à la liste, mais bien plutôt à la signification qu’ils auront pour moi, la façon avec laquelle je les aurais vécus et ce que j’en ferai ultérieurement. » Six mois par an, Loïc va ainsi parcourir la planète à pied et à vélo dans l’optique de boucler un tour du monde. « Chaque étape sera imaginée pour me pousser hors de ma zone de confort et poursuivre ce qui me fait me sentir vivant : l’aventure. »

« Le terme ZAO est un clin d’œil à mon schéma de pensée d’antan. Ce mot qui signifie “la vie” en grec ancien, me rappelle que l’on peut subir ce qui nous arrive ou alors apprendre à dompter les obstacles et vivre une vie pleine d’aventures ! »

Loïc Cappellin, apprenti aventurier

Concrètement, le projet Zao comprend quatre expéditions qui se suivent, mais qui sont toutefois séparées par des retours chez lui, comme autant de haltes pour se ressourcer : un retour régénérant à la base pour mieux s’en éloigner à nouveau.  Après l’aboutissement de la première partie de ce périple, qui l’a vu relier Martigny (VS) à Trieste (IT) à pied, il a passé les derniers mois à parfaire le reste du projet :  « Ce fut une phase test après la Nouvelle Zélande pour me confronter à mon petit délire et voir si j’y adhérais vraiment. » Conforté dans son idée qui lui apparaît comme une évidence , il décide par conséquent de corser la donne : «  J’ai voulu rendre le défi que je me lance à moi-même un peu plus intense, un peu plus extrême. » Ainsi prend forme une idée latente qui n’attendait plus que de se concrétiser : celle de faire un tour du monde autour des quatre régions qui le fascinent :; « Je vais  donc traverser L’Hymalaya, les Andes, l’Amazonie et le Sahara à pied et à vélo. » Dès le mois de mai, il va traverser les montagnes qui jonchent les Balkans. Dans un second temps, au mois d’octobre, il traversera la Turquie à vélo. « Durant ces deux étapes, je vais limiter mon équipement au strict minimum (pas de cuisine ni de tente). »

De l’imaginaire des bouquins à l’action

Passionné durant toute son enfance par les récits d’aventures, Loïc décide à son tour de se lancer sur la voie de l’exploration : « J’ai toujours aimé la compétition contre moi-même, c’est ce qui m’a notamment amené à participer à trois Championnats du monde junior de Street-Hockey, entre 2012 et 2016. Malheureusement à la suite d’une blessure, j’ai dû abandonner ma carrière de gardien de but. » Suite à cette désillusion, Loïc tente sa chance dans d’autres sports collectifs. Cependant, aucun d’entre eux ne lui a permis de retrouver la sensation qu’il avait expérimentée devant des filets. « N’étant plus engagé dans un club, j’ai dès lors mis à profit mon temps libre pour explorer les montagnes et découvrir ce monde aventureux que j’avais parcouru jusque-là, à travers les livres. »

Question existentielle

La connexion fut directe : en 2018, fatigué de sa routine « métro-boulot-dodo », il décide donc de pousser l’expérience plus loin. « Seul, je suis parti à l’autre bout du monde (Nouvelle-Zélande), pour répondre à une question existentielle : Est-ce que ce mode de vie « sauvage » qui me faisait tant rêver, m’était vraiment destiné ? » Après trois mois de dur labeur à travers ces terres hostiles, la réponse était claire ! Non ! « Cet univers n’était pas fait pour moi. Il était rude, parsemé de difficultés, imprévisible. En revanche, j’ai réalisé qu’en me préparant de la bonne manière, je pouvais à l’avenir m’adapter à cette nature et ainsi atteindre beaucoup plus facilement des objectifs qui me ressemblent. »

L’échec pour changer

Depuis cette expérience, Loïc s’intéresse énormément à l’impact que joue notre état d’esprit sur notre vie. À tel point qu’aujourd’hui, il souhaite explorer ses capacités d’adaptation en s’exposant à des environnements toujours plus imprévisibles. Pour mettre le maximum de chances de son côté et mener à bien ses objectifs, il s’intéresse à la psychologie humaine ainsi qu’à la philosophie. En mars 2020, il a également terminé avec succès une formation de coach en développement personnel. Il a pris conscience de la force à puiser dans l’échec : il a la conviction qu’il ne sait rien et que son unique objectif est d’oser vivre  : « J’ai vécu une formation compliquée , parce qu’elle ne me convenait pas. Si cette expérience fut très difficile à vivre pour moi, elle fut nécessaire afin d’induire un changement radical de ma manière de penser. J’ai pu me libérer de certains carcans et comprendre que peu importent les obstacles, seule ma façon de réagir aux problèmes compte. »

En explorant les territoires sauvages du globe, je veux développer mon sens de l’adaptation ainsi que sensibiliser la jeune génération à l’acceptation de soi et de ceux qui les entourent. Nous évoluons dans un monde ultra-connecté où l’image personnelle et l’uniformisation sont omniprésentes. En me présentant dans les écoles, je veux offrir à chacun l’opportunité de s’interroger sur son avenir, sur les changements qui l’entourent et enfin sur les différentes manières de s’y adapter. Avec un message basé autour de la bienveillance, j’espère aider les jeunes à développer leurs esprits critiques pour mieux apprivoiser notre société et y évoluer de la meilleure des manières !

Loïc Cappellin

Partager son expérience

Ainsi d’une attitude de confrontation face aux éléments, Loïc adopte un mode participatif : « Je détestais l’école, je pense qu’elle a beaucoup à améliorer. Mais plutôt que de la critiquer, je préfère essayer d’apporter ma pierre à l’édifice. J’espère pouvoir partager mes expériences et ma manière de voir la vie avec les jeunes pour donner une signification supplémentaire à mon projet. En cette période particulière pour énormément de personnes, je veux inspirer la jeune génération à aller de l’avant, en les initiant à la gestion de leurs émotions, à la bienveillance et au dépassement de soi. »  L’échec est ainsi nécessaire pour bifurquer, changer et avancer :  dans le cas de Loïc mettre ses baskets et s’en aller sur les sentiers d’une vie libre dont ils accepte les circonvolutions avec optimisme.

Romy Moret

Suivez et soutenez son projet : www.fugaziprocess.com

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