Léon Lovey, trotteur ultra organisé

Ancien boulanger et conducteur de ratracks, président de la SD pendant 24 ans, sportif et organisateur hors pair de nombreux événements dans la station de son cœur, Léon Lovey est surtout l’un des membres fondateurs et le bénévole le plus impliqué de l’UTMB, qui n’aura malheureusement pas lieu cette année. Un crève-cœur, mais une décision “juste” selon Léon qui, outre son investissement dans cet événement international, est dans toutes les « combines » sportives de sa région. L’homme « qui ne dort jamais » nous livre l’origine de l’ultra ultra connu et celle de la Petite Trotte qui porte son nom.

Au sens propre comme au figuré, Léon Lovey ne dort jamais. Cogitant en continu, à l’affût de nouveaux concepts innovants, à 76 ans, il utilise toujours les heures où il reste éveillé pour peaufiner ses idées : « Je n’ai jamais dormi beaucoup. Boulanger de métier, je me suis toujours levé très tôt : je travaillais la nuit, puis le matin je partais à mon deuxième travail, l’entretien des pistes de ski. J’ai gardé ce rythme d’environ 2-3 heures par nuit. » Ce qui lui laisse en effet beaucoup de temps, utilisé à bon escient :  Il est dans toutes les combines positives, tous les événements sportifs sympas, courses de chien, de biathlon et de ski de fond qui font rayonner la station de Champex et son magnifique lac. Léon Lovey, qui a gardé pendant 24 ans la casquette de président de la Société de Développement, a définitivement installé sur sa tête celle de bénévole hors pair et membre indispensable du bureau central de l’UTMB depuis ses débuts en 2003, après en avoir été co-président. Fin organisateur, hyperactif, bouillonnant d’idées pour faire mijoter la marmite des événements touristiques locaux, Léon est une figure incontournable de la région. « Je suis pourtant plus connu du côté français », précise l’ancien boulanger, assis sur la terrasse de son Tea room-boulangerie-pâtisserie que reprend son fils actuellement et dont le nom bucolique la Gentiane fait superbement écho au fameux Jardin Alpin voisin. 

L’UTMB, véritable success-story 

« En 2003, on a eu une idée avec une équipe française avec laquelle j’organisais déjà le Tour du Mont Blanc par relais à 7. » Une idée magique qui naît d’un accident tragique :  l’incendie qui a brûlé le Tunnel du Mont Blanc empêchait alors le relais de passer sur l’Italie : « On a décidé du coup de faire cet UTMB en individuel. » Une idée canon qui va propulser l’événement au panthéon des événements mondiaux du trail running avec la particularité de se dérouler au pied du plus haut sommet des Alpes, en passant par la France, l’Italie et la Suisse et qui rassemble 10’000 coureurs et leurs 20’000 accompagnants venus de 100 pays à travers le monde.  « Lors de la première édition, on a eu une météo affreuse…150 participants étaient annoncés, au final 58 seulement ont pris le départ. Mais dès la deuxième édition, l’événement a décollé. » Le succès n’a plus boudé les rendez-vous successifs : « C’est devenu vraiment une machine, maintenant on peut dire que c’est un rouleau compresseur dans le bon sens du terme ! » 15 personnes travaillent en effet à l’année pour l’UTMB à Chamonix, tandis que du côté suisse, le travail demeure du bénévolat : «  Mes équipes sont composées de mordus de trail qui s’occupent de tous les ravitaillements et de la logistique de la partie suisse en résumé. »

L’annulation de l’UTMB est un gros crève-cœur : la décision n’a pas été simple à prendre. Une solution de remplacement avait été pensée, mais selon moi il ne faut pas faire un UTMB au rabais. »

Léon Lovey, “monsieur UTMB” côté suisse

Avec l’annulation de l’ultra trail cette année, le big boss de l’UTMB côté suisse et tous les acteurs qui gravitent autour de l’événement encaissent un coup dur qui a des répercussions sportives et économiques, mais admettent que c’était la meilleure option : « Il est vrai que L’UTMB est une aubaine pour la vallée…Cette année on va s’apercevoir de la différence.” Qu’à cela ne tienne, Léon ne s’arrête pas de trotter pour autant.

Une épreuve à son nom

Une petite trotte du dimanche… l’expression plaît lorsque le comité se réunit pour trouver un nom aux 300km et 26000m D+, devenant l’une des nouvelles épreuves de l’UTMB : « On  lui cherchait un nom qui ne fasse pas peur aux gens, étant donné ses proportions gigantesques ! J’avais proposé la Petite trotte du Mont Blanc… ils ont opté pour la Petite Trotte à Léon, j’en suis fier », rigole le concerné qui avait été également remercié par un reportage français qui retraçait l’ampleur de son travail de bénévole. « C’est parti comme ça. » Et le succès de Léon lui aussi : devenu une star dans le monde du trail, les coureurs s’arrêtent régulièrement boire un jus au tea-room dans l’espoir de voir le fameux Léon : « Ils se prennent en selfie avec moi », sourit Léon qui, à 76 ans, vit surtout encore des heures de gloire du côté français : « Pendant 20 ans, on a beaucoup travaillé sur Chamonix. Là-bas, tout le monde me connaît et me salue dans la rue. »

Romy Moret

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