Un appel pour aider les Africains de l’Oubritenga

Réunis en séance autour d’une bonne fondue au Raclett’House de Bruson avant la pandémie, Monia Guigoz, Valérie Guigoz, Eliane Bürcher, Bernadette Maret, Olivier Fellay et Jérémy Alter se remémoraient les bons souvenirs et les points forts de l’association TEEL-TAABA de l’Oubritenga (ATTO) qui a besoin d’aide aujourd’hui. Les membres du comité de soutien bagnard s’inquiètent en effet de la situation liée au Covid-19  dans la région africaine où l’association a son siège : en lançant un appel à la population, elle veut permettre aux gens de se procurer des masques, du gel désinfectant, du savon, des médicaments et organiser des campagnes de prévention en particulier dans les villages les plus défavorisés.

Les bagnards du comité de soutien de l’ATTO, Monia Guigoz, Laurent Bürcher, Valérie Guigoz, Eliane Bürcher, Bernadette Maret, Olivier Fellay et Jérémy Alter font part des bons moments vécus en lien avec l’association.

Au printemps, Valérie Guigoz aurait aimé pouvoir se réjouir de la fin de la construction de l’école d’alphabétisation, de la reprise des cours, et des autres activités de l’association ATTO, malheureusement le Coronavirus en a décidé autrement. Malgré le fait que Ouagadougou soit en quarantaine, le virus a tout de même atteint Ziniaré, la capitale de la province de l’Oubritenga : «  Il s’est peut-être répandu un peu moins vite qu’en Europe, est-ce dû aux grosses chaleurs qui règnent en ce moment au Burkina, personne n’en sait rien. Ce qui est certain c’est qu’il est bien là et que, à l’instar de ce qui est annoncé dans les médias, une situation dramatique se prépare. Les quelques personnes qui m’ont accompagnées au Burkina ont pu visiter les différents dispensaires et y constater les moyens plus que précaires mis à disposition du personnel de santé, sans parler de l’insalubrité de ces locaux. De plus, ils ne peuvent plus aller travailler, car ne peuvent pas sortir de la ville. »  Le confinement est bien entendu demandé par les autorités, mais le covid-19 est arrivé en Afrique dans une période difficile où les greniers se vident peu à peu. Au Sénégal, le gouvernement a distribué 2 sacs de riz et 20 litres d’huile par ménage pour que les gens restent chez eux. Au Burkina rien n’est fait, comme l’explique Valérie : « Les gens ont pris d’assaut, comme me l’a communiqué le président d’ATTO, les abords des rues pour faire leur commerce car il faut bien qu’ils puissent apporter à manger à leur famille. A Ziniaré, pas d’amende puisque pas d’argent, mais les matraques de la police tentent brutalement de les faire rentrer chez eux. »

Un appel à la générosité

Si certains pensent peut-être que Valérie en fait trop, elle ne peut s’empêcher d’être inquiète et de lancer un appel à la population : « Ce n’est pas dans mes habitudes de faire ce genre de demande un peu “directe” mais ma conscience me dit de le faire dans l’urgence du moment. » Le comité de l’association se soucie également beaucoup pour la population de Manega, siège d’ATTO, car personne n’a pris conscience de ce qui se passait dans le monde au vu du manque évident de moyen d’information. « Nos membres ont donc pris l’initiative de lancer des campagnes de sensibilisation dans les villages de la province. Il leur faut néanmoins du matériel, des masques, du désinfectant, du savon, et du paracétamol pour soulager un peu les gens qui sont déjà contaminés. Là-bas, on ne parle bien entendu pas de respirateur. » Si Valérie sait évidemment que « tout le monde a déjà beaucoup de souci ici car la Suisse, comme le reste du monde, n’est pas épargnée non plus par le virus », elle sait également que « nous ne pourrons pas passer à côté du drame qui va se jouer en Afrique. Mais comme disait Théodore Monod : “Le peu, le très peu que l’on peut faire, il faut le faire quand-même.” » Alors elle lance ce cri d’appel au secours afin de récolter quelques fonds pour permettre aux responsables de l’association de commander, avec l’aide des agents de santé de la province, un peu de matériel dans la capitale et tenter de sauver le maximum de personnes de la commune d’Ourgou-Manega en particulier. 

Romy Moret 

Pour prendre contact : Valérie Guigoz au 079 400 58 06 et soutenir l’ATTO : CH62 8058 1000 0102 4694 2

Plus d’infos sur l’ATTO

L’Association TEEL-TAABA de l’Oubritenga (ATTO) a été créée en 2009. Son comité se compose de 7 membres et 2 commissaires aux comptes. C’est une structure laïque apolitique et a but non lucratif. Comme son nom l’indique, Teel-taaba intervient dans la province de l’Oubritenga au Burkina Faso (à 50 km. de Ouagadougou). Pour l’instant, compte tenu des contraintes budgétaires, elle est présente dans 3 communes, notamment les communes de Ziniaré, Zitenga, et Ourgou-Manéga. Teel–taaba  compte plus de 500 membres issus de ces 3 communes dont une majorité de femmes. Son siège social est situé à Manéga. 

Objectif général : promouvoir la santé des populations et la réduction de la pauvreté dans la Province.

 Objectifs spécifiques : Sécurité alimentaire et amélioration des conditions de vie des populations :

  • Formation des femmes sur les techniques de production du niébé dans la commune de Ourgou-Manéga (mise à disposition de champs et de charrues, de semences et d’engrais, de sacs à triple fonds pour la conservation).
  • Campagnes de sensibilisation sur la lutte contre le VIH, la polygamie, le mariage forcé, et tout particulièrement l’excision.
  • Soutien alimentaire, scolaire et sanitaire des OEV (orphelins et enfants abandonnés)

Projets déjà réalisés : Construction d’un local de stockage de vivres, d’un bureau (qui garantit la reconnaissance officielle de l’association), acquisition de champs pour la production du niébé, distribution de charrues, travaux de forage et construction d’un château d’eau au village de Manega,  construction (pratiquement terminée) d’une école d’alphabétisation en mooré pour les femmes dans un premier temps.

Projets en cours : Développement de l’école et de la structure d’accueil, développement de cultures maraîchères à proximité du forage, poursuite du soutien aux OEV, maintien des campagnes de sensibilisation, etc….

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